Ainsi squattent-elles!, un collectif féministe libertaire non-mixte de Québec, anime depuis 2006 une émission du même nom sur les ondes de la radio communautaire CKIA. Dans le cadre de son projet de recensement et d’analyse des expériences d’autonomie collective contemporaines au Québec, le CRAC a suivi ce groupe pendant presque deux ans afin de documenter ses pratiques et ses réflexions. Cette monographie est divisée en trois parties, soit une présentation du groupe et de ses activités, une analyse et une réflexion sur le féminisme contemporain et la non-mixité et ses enjeux, et finalement, une réflexion sur l’autonomie collective et ses défis.
Bibliothèque
La Bibliothèque est un lieu d’échange de documents divers sur tout ce qui touche de près ou de loin l’autonomie collective. Manifestes de certains collectifs, travaux de recherche, documents écrits, audios ou vidéos, on y trouve une diversité assumée de matériel permettant de pousser la réflexion sur le comment et le pourquoi de cette forme de militantisme.
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Publications du CRACK
Monographies
Cette monographie réalisée par le CRAC est la première d’une longue série sur les groupes antiautoritaires et anticapitalistes ayant émergé au Québec depuis 1995. Les membres du collectif Liberterre, un groupe éco-radical, ont activement participé à ce processus de recherche-action qui a en tout duré deux ans. Ce document comporte une première partie descriptive sur les différents aspects du groupe (contextes d’émergence, principes, inspirations et motivations, modes de fonctionnement, différentes étapes de son histoire). La deuxième partie rend compte des analyses politiques produites par les membres du collectif ainsi que de leurs réflexions sur les défis liés aux pratiques d’autogestion dans un contexte stratifié. Si vous voulez vous procurez une version papier de la monographie, SVP contactez nous info@crac.kebec.org.
Articles et communications
...recoupements et divergences par Ashley Fortier, Esther Guzman Martin, Anna Kruzynski, Jacinthe Leblanc, Leah Newbold et Magaly Pirotte Collectif de recherche sur l’autonomie collective (CRAC) Communication présentée dans le cadre du colloque « Faut-il réfuter le Nous femmes pour être féministe au XXIe siècle ? », organisé par l’Institut de recherches et d’études féministes de l’UQAM, Acfas, Québec, le 6 mai 2008. Le Collectif de recherche sur l’autonomie collective (CRAC) a réalisé une analyse des discours produits et diffusés depuis 2000 par des groupes et des personnes qui luttent contre le patriarcat et l’hétérosexisme en priorité et qui semblent avoir une certaine culture libertaire. Une lecture des magazines, brochures, journaux, compilations vidéo/DVD, albums de musique et des sites Web a permis aux chercheures de mettre en évidence trois tendances : la première regroupe les féministes radicales, clairement en continuité avec la génération politique précédente; la deuxième tendance s’apparente au women-of-color feminism; et la troisième est représentée par des groupes queers radicaux qui, tout en tentant de déconstruire l’identité sexuelle femme, invente un militantisme de multiples identifications. Depuis, plusieurs monographies ont été entamées, notamment sur le féminisme radical, le queer radical en milieu anglophone et sur la sous-tendance Queer People of Colour. Les auteures, francophones et anglophones réunies, responsables de ces monographies ou elles-mêmes impliquées dans ces réseaux militants, se pencheront plus spécifiquement sur les débats autour du « nous-femmes » et de la non-mixité. Les recherches n’étant qu’à leurs débuts, les auteures s’en tiendront à la présentation d’hypothèses et de questions à explorer sur les divergences et les recoupements dans la compréhension de ces enjeux par les différentes tendances, en tenant compte du milieu d’attache linguistique.
Émilie Breton, Julie Grolleau, Anna Kruzynski et Catherine Saint-Arnaud-Babin Collectif de recherche sur l'autonomie collective Les auteures se livrent à une analyse des discours produits et diffusés par des groupes et des personnes qui luttent contre le patriarcat et l’hétérosexisme en priorité et qui semblent avoir une certaine culture libertaire. Une lecture des zines, des brochures, des journaux, des compilations vidéo/DVD, des albums de musique et des sites Web leur a permis de mettre en évidence trois tendances : la première regroupe les féministes radicales, clairement en continuité avec la génération politique précédente; la deuxième tendance s’apparente au women-of-color feminism; et la troisième est représentée par des groupes queers radicaux qui, tout en tentant de déconstruire l’identité sexuelle femme, invente un militantisme de multiples identifications.
par Geneviève Lambert-Pilotte, Marie-Hélène Drapeau et Anna Kruzynski. Collectif de recherche sur l'autonomie collective Article paru dans "Possibles" (Les jeunes réinventent le Québec), 31 (1-2), 2007. Pendant l’été 2005 nous avons effectué un recensement préliminaire de l’ensemble des groupes libertaires autogérés qui ont émergé au Québec depuis 1995, incluant les groupes n’existant plus aujourd’hui. Pour ce faire, nous avons effectué des recherches sur Internet, dans les revues et journaux militants, ainsi qu’auprès de nos contacts personnels. À ce moment déjà plus de 130 groupes sont répertoriés et des fiches descriptives sont préparées pour chacun. Par la suite, durant l’été et l’automne 2006, nous avons réalisé des entrevues téléphoniques avec plus d’une soixantaine des groupes recensés afin de mieux comprendre leurs modes d’organisations, leurs mécanismes internes, leurs valeurs et leurs buts. Cet exercice, combiné à nos expériences individuelles de la mouvance libertaire, nous a permis de cerner les principales caractéristiques de ce type d’expérience et ce, malgré leur grande diversité et leur recoupement. Nous débutons avec un aperçu historique de l’autogestion au Québec. Ensuite, nous présentons les principales caractéristiques que nous avons identifiées. Nous terminons en présentant quelques hypothèses de recherche qui émergent jusqu’à présent de nos travaux et qui alimenteront la poursuite de notre étude.
Autres publications
Mémoires, thèses et monographies
Cette recherche est une analyse de discours sur l’action directe des groupes antiautoritaires oeuvrant au Québec. En colligeant plusieurs documents produits et/ou distribués par certains de ces groupes, l’auteur a analysé divers éléments liés à l’action directe selon le modèle de l’action sociale, propre au travail social. Les résultats abordent les références communes de l’action directe, les principes la sous-tendant, ses objectifs, les diverses stratégies d’action directe utilisées, ainsi que l’organisation des groupes qui l’utilisent. La discussion se veut une analyse comparative entre l’action sociale et l’action directe telle qu’elle est représentée dans les documents étudiés.
Mémoire présenté à la Faculté des études supérieures de l’Université Laval dans le cadre du programme de maîtrise en Anthropologie, 2009, par GENEVIÈVE OLIVIER-D’AVIGNON.
Ce mémoire présente une analyse du processus de production sociale et de construction sociale du 5e campement autogéré, qui s’est tenu près de Montebello, en Outaouais, en août 2007. Les notions de lieu exemplaire, d’hétérotopie, d’imaginaire utopique, d’innovation sociale et culturelle et de pratique ont été mobilisées dans le cadre d’une approche théorique centrée sur les concepts de production sociale et de construction sociale de l’espace. Y sont mises à profit des données recueillies lors d’une recherche ethnographique réalisée autour de et pendant cet événement.
L’analyse permet d’identifier les significations, orientations et projets politiques particuliers que les participants et les participantes articulaient aux pratiques collectives mises de l’avant au campement 2007, dans le cadre d’une mobilisation politique plus large. On reconnaîtra alors que les campeurs et campeuses inscrivent la démarche du Campement dans de grandes orientations axées sur l’autonomisation collective et la production d’une nouvelle culture politique et que certains et certaines l’ont investie, en 2007, de projets politiques plus spécifiques relevant de la démonstration d’alternatives diverses et de la mobilisation à une manifestation. Les diverses ambitions qui étaient projetées, par les campeurs et les campeuses, dans le campement 2007 s’articulent parfois difficilement en regard des temporalités différentes desquelles elles relèvent.
L’analyse permet également de reconnaître que des conceptions différentes du rapport du Campement autogéré lui-même au temps existaient parmi les campeurs et les campeuses, en 2007. Finalement, cette étude de cas soulève la problématique fondamentale relative aux conditions d’exercice et de reproduction de la démocratie et met en évidence l’importance de considérer la dimension temporelle des pratiques d’innovation sociale dans l’étude des mouvements sociaux.
Mémoire présenté comme exigence partielle de la maîtrise en sciences politiques à l'UQAM, par Marie-Ève Quirion, juillet 2008.
Cette étude s’intéresse aux modes organisationnels des groupes militants radicaux du Québec et à leur gestion des rapports de pouvoir. Douze entrevues (semi directives) avec des activistes de Montréal et de Québec (membres de six groupes proches des courants libertaires et féministe radical) ont servi de base pour dresser un portrait des militant-e-s de la frange radicale de l’altermondialisme.
Dans un contexte d’individuation et de désillusion quant aux aspirations révolutionnaires, il demeure, pour les activistes, une adhésion aux idéologies (en particulier à l’anarchisme) et un sentiment d’appartenance aux groupes militants. Les interviewé-e-s mettent d’ailleurs l’engagement au centre de leur vie et tentent de concilier l’individuel et le collectif. Les militant-e-s radicaux-les s’organisent ici et maintenant selon leurs affinités, les coalitions à former et leurs désirs de se réseauter.
Malgré le caractère éphémère et flexible des groupes, on retrouve de forts liens d’appartenance et de proximité dans ces lieux qui deviennent des refuges pour les militant-e-s. Les radicaux-les aspirent à mettre en pratique leurs idéaux de liberté, d’égalité et de solidarité, d’où leur prise en considération des rapports de pouvoir qui se développent à l’intérieur des groupes militants. Ressentant un sentiment d’urgence, ils et elles cherchent également à faire apparaître leurs visées sociales et politiques dans l’espace public et à combattre les formes tangibles d’oppressions systémiques. Vivant souvent avec tension la difficile application de leurs idéaux (en reproduisant même au sein de leurs groupes ce qu’ils et elles dénoncent), les militant-e-s radicaux oscillent donc entre le front intérieur et le front extérieur de leur lutte.
Mémoire présenté comme exigence partielle de la maîtrise en sciences politiques à l'UQAM par Magaly Pirotte, Septembre 2006.
Cette recherche porte sur les formes et pratiques de l'engagement au sein du mouvement de justice globale. Basée sur une série d'entrevues effectuées auprès de seize personnes engagées dans des collectifs montréalais, elle se donne pour objectif d'interroger directement les militant-e-s afin de comprendre qui s'engage, comment, pourquoi et dans quel but.
Audrey Baril, "Judith Butler et le féminisme postmoderne : analyse théorique et conceptuelle dun courant controversé", mémoire présenté à l'Université de Sherbrooke, novembre 2005.
Au tournant des années 1990 naît, dans le sillon d'autres courants féministes critiques à l'égard du féminisme, le courant féministe postmoderne. Ce dernier qui, déjà à l'époque, ne fait pas l'unanimité demeure encore, quinze ans plus tard, tout autant contesté. Bien que la controverse qu'il suscite lui donne une visibilité sur la scène internationale, le féminisme postmoderne demeure néanmoins méconnu dans les milieux universitaires et intellectuels québécois.
Cette recherche a donc pour objectif d'analyser de façon détaillée ce qui caractérise le féminisme postmoderne et d'étudier de plus près la controverse qu'il provoque. La question centrale de ce travail est la suivante : le féminisme postmoderne est-il utile pour le féminisme défini comme un mouvement théorique et politique visant à éliminer les rapports inégalitaires entre les hommes et les femmes ?
Pour tenter de répondre à cette question, ce mémoire est réparti en quatre chapitres. Le chapitre 1 vise à définir les termes utilisés dans cette recherche et a comme finalité d'expliciter ce qui constitue les contours d'une philosophie féministe postmoderne. Il est divisé en trois sections. La première a pour but de fournir une définition minimale du féminisme qui sera utilisée comme point de référence pour répondre à la question centrale du mémoire. La deuxième section explore brièvement les théories postmodernes, tant sur le plan philosophique, épistémologique, social que politique, en vue de mieux comprendre les fondements mêmes du courant féministe postmoderne. La troisième section, enfin, cherche à définir ce courant féministe à travers des définitions générales et l'analyse de cinq paires de concepts clés au féminisme postmoderne.
Le chapitre 2 veut être un approfondissement des théories féministes postmodernes à travers l'analyse de la pensée de Judith Butler, une théoricienne dont le nom revient comme un véritable leitmotiv dans le corpus littéraire du courant féministe postmoderne. Il est également divisé en trois sections. La première a pour but de présenter Judith Butler et de justifier le choix de cette auteure parmi un nombre important de théoriciennes. La seconde section s'attarde d'une façon générale à ses thèses féministes et philosophiques et analyse ensuite, dans une perspective butlérienne, les cinq paires de concepts clés du féminisme postmoderne, tout en ouvrant sur sa politique féministe. La dernière section met en lumière la controverse autour de l'oeuvre de Butler en examinant les critiques qui lui sont faites et les réponses que Butler élabore pour les contrer.
Le chapitre 3 cherche à comprendre les incidences concrètes de l'utilisation des théories féministes postmodernes en vue de répondre à la question initiale de ce mémoire, en les appliquant à un cas précis, celui de la discussion prostitution/travail du sexe. Il permet de mieux saisir les arguments du courant féministe postmoderne en faveur d.une décriminalisation totale du travail du sexe ainsi que la position de Butler au regard de ce phénomène. Il est aussi divisé en trois sections. La première brosse un portrait global des relations entre le féminisme et la prostitution, quantifie et met en perspective les différentes industries du sexe et présente les types possibles de législation vis-à-vis la prostitution. La seconde section s'intéresse au positionnement des courants féministes dans le débat prostitution/travail du sexe. Elle s'attarde particulièrement à l.option néoabolitionniste, représentée par exemple par les féministes radicales et matérialistes, ainsi qu'à l'option pro-travail du sexe, exprimée notamment par les féministes postmodernes. La troisième section soulève les défis et questionnements qu'amène cette discussion pour le féminisme.
Le chapitre 4 a pour objectif d'exposer les arguments du débat qui oppose les féministes postmodernes et leurs détractrices et détracteurs, à travers leurs critiques réciproques. Il est divisé en trois sections. La première présente les principales critiques des personnes s'opposant au féminisme à postmoderne, qui refusent d'être considérées de manière unilatérale et qui accusent leurs adversaires de reconduire certaines formes de domination dans leur courant tout en leur reprochant l'inefficacité politique de leurs théorisations. La deuxième section permet de présenter le point de vue des féministes postmodernes, afin qu'elles puissent répliquer à ces critiques. Dans cette partie, elles cherchent à mettre en lumière le caractère hétérogène de leurs théories, à prouver l'utilité de leur pensée et elles critiquent à leur tour leurs adversaires. La dernière section espère ouvrir le débat sur de nouvelles perspectives féministes, en explicitant les grandes lignes de certaines pratiques politiques féministes alternatives et en exposant, à la suite de théoriciennes reconnues, les notions de féminisme à la carte et de féminisme « transmoderne».
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par Marco Silvestro
Sommaire 1. Historique et nature des écovillages au Québec 2. Discours sur la solidarité 3. Discours sur les échanges économiques 4. Autre réflexions 5. Sources
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Articles, communications et rapports de recherche
par Anna Kruzynski
Source : Kruzynski, A. (2007). Sortir de la cage productiviste : faire la révolution en préfigurant des alternatives conviviales, autonomes et économes, dans Serge Mongeau (Ed.), Objecteurs de croissance, Montréal : Les Éditions écosociété : 97-107 (http://www.ecosociete.org/t112.php).
Je milite depuis près d’une dizaine d’années dans les groupes antiautoritaires et anticapitalistes qui œuvrent à la marge de la grande mouvance hétéroclite qui est l’altermondialisme. Présentement je suis active dans mon quartier, au sein du collectif anarchiste La Pointe libertaire, sur des enjeux d’aménagement urbain et de démocratie locale. Pour gagner ma vie, je suis professeure, pour l’instant à l’Université de Montréal, mais bientôt à Concordia. Je suis membre de deux collectifs de recherches, le Collectif d’étude sur les pratiques solidaires – le CEPS et le Collectif de recherche sur l’autonomie collective – le CRAC. Le CRAC est un groupe d’affinités composé de militantEs (pro)féministes et libertaires qui étudie son propre mouvement. Le CEPS, quant à lui, est une équipe multidisciplinaire où les membres, dont le CRAC, poursuivent des recherches sur les pratiques solidaires, dans une perspective de renouvellement des pratiques et des discours sur la solidarité économique et sociale entre pays du Nord et pays du Sud, et surtout entre les régions du Nord. Ni l’un ni l’autre des collectifs n’a une position par rapport à la décroissance comme alternative à l’économie néolibérale. Nous commençons tout juste à travailler sur cette idée. Ce que je présente ici aujourd’hui n’est donc pas une position collective, mais plutôt l’amorce d’une analyse de nos recherches respectives sur des initiatives solidaires et d’autonomie collective. Ces analyses sont teintées par mes lunettes anarchistes, lunettes qui ne sont pas portées par tous les membres du CEPS
Allocution prononcée lors du panel « Crise et résistance » du Forum social québécois Le 9 octobre 2009 Anna Kruzynski On m’a demandé de partager avec vous ma lecture de la crise, mais surtout des réponses, des actions, des pistes de solution. Avant de commencer, j’aimerais vous présenter une petite mise en garde. Dans la vie, je porte plusieurs chapeaux – je suis mère d’une fillette de 10 mois, je suis professeure à l’Université Concordia, je suis organisatrice communautaire, je suis militante. C’est souvent difficile de mettre plusieurs chapeaux de côté pour en porter un seul… mais bon, je vais tenter de le faire. Je vous parle aujourd’hui avec mon chapeau de militante. Mon argumentaire est construit sur la base de mes douze années d’expériences militantes – dans le mouvement étudiant, altermondialiste, féministe et maintenant libertaire. ALORS, ALLONS-Y! QUELLE EST MA LECTURE DE LA CRISE ÉCONOMIQUE QUI A DÉBUTÉE EN 2007?
- Pour certains, il s’agit d’une simple crise de liquidités – « la situation n’est pas si périlleuse que ça » va l’argument, « le problème c’est qu’on a des obligations dont on ne connaît pas la valeur donc personne ne veut marchander – faut juste éliminer ces obligations empoisonnées du système et tout sera comme avant ». Ce serait donc juste un problème temporaire de liquidités.
- Pout la plupart des économistes capitalistes il s’agirait d’une crise de solvabilité – le problème de base serait qu’on a trop de dette et pas assez d’avoirs – à cause de ça, un grand nombre de compagnies ont fait faillite. Un peu plus de réglementation et voilà, le problème est réglé.
- D’un point de vue anarchiste, on peut dire qu’il s’agit d’une autre crise du système capitaliste… en fait, il n’est pas très révolutionnaire de dire qu’il existe des défaillances structurelles dans le système capitaliste qui font en sorte qu’il est enclin à vivre des cycles de « booms » (des hauts) et de « busts » (des bas, ou des crises) … l’histoire nous enseigne que les capitalistes, aidés de leur allié, l’État, trouvent toujours des solutions temporaires aux crises afin d’assurer la survie du capitalisme… ces solutions ne profitent pas, à moyen et long-terme, aux gens ordinaires. Donc d’une perspective anarchiste, la solution à la crise est, ni plus ni moins, la sortie du capitalisme.
par Anna Kruzynski et Marcel Sévigny Source : Possibles, volume 29, numéro 1, hiver 2005, p.28-45 Au Québec, comme partout dans le monde occidental, les divers courants politiques libertaires (ou anarchistes c'est selon) demeurent assez minoritaires dans l'ensemble de la gauche politique. En fait, sur certains territoires, le Québec notamment, ils passent presque inaperçus comme « forces politiques » en action. Le mode, les objectifs et les principes d'organisation y sont certes pour quelque chose. Organisés le plus souvent sous forme de petits collectifs autonomes, de réseaux et/ou de fédérations et décentralisés, ils se distinguent nettement à ce titre des partis politiques de gauche. Ils ne présentent pas de candidatEs aux élections, et concentrent leurs énergies sur des alternatives locales. Très critiques des médias de masse, ces groupes rejettent souvent la stratégie des campagnes médiatiques, et préfèrent créer leurs propres moyens de communication. Ces éléments, combinés à la marginalité des idées et pratiques révolutionnaires, font que les expériences libertaires sont méconnus pas seulement du grand public, mais aussi de l’ensemble de la gauche québécoise. Étant donné ceci, et le fait que nous n’avions pas pu effectuer une recherche de terrain, nous ne ferons pas ici le portrait des différents courants actifs de la gauche libertaire et alternative au Québec. Notre objectif, moins ambitieux, est de sortir certaines idées libertaires de l’ombre pour alimenter le débat sur l’avenir de la gauche politique au Québec.
reflexion sur la nécessité d'espaces féministes et queer et sur la construction hétéropatriarcal de l'espace: la ville comme un territoire à occuper. Textes et outils de réflexion et pratique par les membres de La Eskalera Karakola, collectif autogéré non-mixte femmes qui survie depuis 10 ans à Madrid.
Marie-Hélène Drapeau avec la collaboration d’Anna Kruzynski pour le Collectif de recherche sur l’autonomie collective, 10 novembre 2005
La présente recherche porte sur l’autogestion et plus spécifiquement sur son historicité. Il sera question de mettre en lumière le concept d’autogestion et de suivre son évolution dans le temps ; en examinant particulièrement la situation actuelle au Québec, avec la montée des nouveaux mouvements sociaux et le courant alter-mondialiste. L’autogestion n’est pas née de la dernière pluie et ces vieux slogans «Vivre demain dans nos luttes d’aujourd’hui» et «Produire, travailler et vivre autrement» sont le gage d’une idéologie qui s’est imposée, développée et qui a marqué la trame historique.
par Marco Silvestro Communication lors de la 3e Nuit de la philosophie, les 24-25 mars 2007, UQÀM
par Marco Silvestro Communication dans le cadre de La Nuit de la philosophie, 2e édition, UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL, les 25-26 mars 2006 Plusieurs analystes, journalistes et universitaires, établissent des liens entre l’altermondialisme et l’anarchisme. Si, sur certains plans, ces liens ne sont pas tout à fait loufoques, il n’en reste pas moins que l’altermondialisme ne partage ni les mêmes bases ni les mêmes objectifs que la pensée libertaire. Je me propose ici de faire ressortir les grandes différences entre ces deux idéologies, dans leur conceptions de l’individu, de l’État et de l’économique.
Par Marco Silvestro et Jean-Marc Fontan Article paru dans la revue Possibles, vol. 29 no. 2, printemps 2005. Dans cet article nous proposons d’alimenter la réflexion sur les formes contemporaines de l’autogestion en présentant différentes expériences alternatives québécoises qui se nourrissent de ses principes. Nous affirmons que, malgré sa disparition presque complète dans le discours ouvrier et progressiste, l’autogestion sert, de facto, de modèle à un nombre significatif d’expériences concrètes issues de mouvements sociaux québécois. Nous nous proposons donc d’oublier la recherche du lexème « autogestion » et de ses traces discursives afin de nous concentrer sur ses manifestations concrètes dans la pratique pour comprendre comment celles-ci s’inscrivent dans le contexte actuel de l’action collective et de la lutte aux différentes formes de domination présentes dans nos sociétés. Nous allons donc, dans un premier temps, dégager les principes de base de l’autogestion et se demander comment ceux-ci s’inscrivent dans la compréhension actuelle de l’action collective. Dans un deuxième temps, nous proposons au lecteur une suite de capsules qui introduisent une variété d’expériences québécoises utilisant l’autogestion sans la nommer.
La fourmilière anticapitaliste et antiautoritaire globalisée : subvertir, bloquer, préfigurer et construire des alternatives au Québec par Nicolas Delisle-L’Heureux et Anna Kruzynski Collectif de recherche sur l’autonomie collective Communication présentée dans le cadre du colloque « Mouvements sociaux et transnationalisation des pratiques : les Amériques sont-elles différentes? » ACFAS, Université du Québec à Trois-Rivières, les 7 et 8 mai 2007 Dans le cadre de cette présentation, nous débuterons en traçant un portrait du début symbolique du mouvement en Occident et des facteurs qui lui ont permis de s’ancrer au Québec; nous examinerons ensuite les particularités du mouvement en termes de tactiques et d’actions et nous nous appuierons sur les écrits de Day (2005) pour illustrer comment les groupes cherchent à subvertir, à bloquer, à préfigurer et/ou à construire des alternatives au système actuel; nous expliquerons en quoi les actions des groupes à tendance anarchiste, par ces choix tactiques, s’inscrivent dans une logique d’offre d’alternatives au système; finalement, nous examinerons les caractéristiques communes des groupes québécois avec les groupes des autres pays surdéveloppés avant de conclure.
par Anna Kruzynski Extrait: L’article qui suit présente et analyse le cheminement d’un groupe de féministes né dans la foulée des actions contre la mondialisation de la fin des années 90. Je commencerai par exposer le cadre conceptuel et la méthode utilisés à cet effet. Puis, après un rapide survol du contexte qui a permis la naissance du groupe, je décrirai son cheminement en trois étapes : on trouve d’abord des militantes dans un groupe mixte antimondialisation, appelé SalAMI ces dernières forment ensuite un comité femmes au sein de ce groupe ; et elles s’en dissocient finalement pour créer Némésis, groupe d’affinités féministe autonome. Cliquer sur le fichier pdf ci-dessous pour lire l'article.
par Marco Silvestro Article paru dans la revue Possibles, vol. 32 nos 1-2, printemps 2007 J’ai été impliqué dans la récupération de surplus invendus de nourriture à partir d’août 2005, alors que je participais au 3e Campement autonome de la jeunesse québécoise2. J’avais déjà bénéficié des repas collectifs de Food not Bombs et People’s Potato. Mais lors de ce 3e Campement jeunesse j’ai constaté, pendant deux semaines, que des légumes et des produits laitiers récupérés dans les poubelles ou directement chez des distributeurs pouvaient nourrir 200 personnes, trois fois par jour, et qu’en plus ce pouvait être bon. En revenant à Montréal après un été à la campagne, je me suis tout naturellement collé au groupe qui, après le campement, continuait de récupérer fruits et légumes et continuait de cuisiner collectivement, offrant un dîner gratuit par semaine aux étudiant-es de l’Université du Québec à Montréal (UQÀM). Le collectif existait déjà sous le nom Agite-Bouffe. Depuis lors, la majorité des fruits et légumes et du pain consommés chez moi proviennent des poubelles ou des surplus récupérés directement chez les marchands. Dans cet article je voudrais, en me basant sur ma propre expérience et sur des échanges avec d’autres récupérateurs-trices de nourriture, exposer ma compréhension de cette pratique et de la philosophie qui la sous-tend. Je vais commencer par évoquer ses origines et la situer dans le contexte québécois. Je montrerai ensuite comment « la récup’ de bouffe » participe d’une conception de l’engagement politique qui se base sur un agencement entre quelques grandes valeurs : la protection environnementale, la convivialité, le « do it yourself » et l’autonomie face aux grandes corporations maîtres du marché économique. L’agencement de ces valeurs donne des pratiques et des discours enracinés dans des modes de vie contestataires, ce qui illustre d’après moi l’engagement politique au quotidien qui semble devenir une constituante de l’action collective contestataire actuelle. Cliquer sur le document pdf ci-dessous pour lire l'article.
par Maria Nengeh Mensah et Mélina Bernier
SI les savoirs, ouvrages et réflexions sur la 3e vague sont prolifiques en anglais, les écrits en français ne semblent pas l’être. Pourtant, au Québec, on s’intéresse à l’implication politique des jeunes femmes, à la relève féministe, aux associations de la nouvelle génération et aux transformations du féminisme institutionnalisé.
Par ailleurs, lors du colloque intitulé « La 3e vague féministe : expressions et dérives francophones » dans le cadre du congrès de l’ACFAS en 2004, on a pu confirmer qu’il n’existe en ce moment aucun outil documentaire en français sur cette question à l’UQÀM et que ce genre de ressource serait non seulement très utile pour différents types de personnes, mais constitue un incontournable pour que les études féministes à l’UQÀM demeurent à la fine pointe des nouveaux savoirs.
Ce projet visait deux objectifs généraux : 1) développer, avec des étudiantes et des enseignantes féministes, une meilleure compréhension des enjeux liés à la « 3e vague du féminisme »; et 2) créer un outil pour soutenir l’articulation de discours informés et actuels, qui rend compte de la pluralité de points de vue autour de cette question. Cliquer sur le fichier pdf ci-dessous pour lire le rapport au complet.
par David Graeber Cet article résulte en grande partie de ma propre expérience du mouvement altermondialiste, où les enjeux de la démocratie ont été au cœur des débats. Les anarchistes en Europe ou en Amérique du nord, comme les organisations indigènes des pays du Sud, se sont tous trouvés pris dans des questionnements étonnamment proches : le concept de « démocratie » est-il intrinsèquement occidental ? Désigne-t-il une forme de gouvernance (un mode d’auto-organisation collectif) ou une forme de gouvernement (une façon spécifique de mettre en oeuvre l’appareil d’état) ? La démocratie implique-t-elle nécessairement la règle de la majorité ? La démocratie représentative est-elle vraiment démocratique ? Ce terme est-il irrémédiablement marqué par ses origines athéniennes, par cette société esclavagiste et militariste basée sur la domination systématique des femmes ? Ce que nous appelons aujourd’hui « démocratie » a-t-il véritablement un lien historique aussi évident avec la démocratie athénienne ? Est-il possible, pour ceux qui tentent de développer des formes de démocratie directe décentralisées et fondées sur la recherche du consensus, de se réclamer de cette notion ? Si tel est le cas, comment pourrions-nous convaincre une majorité de personnes de par le monde que la « démocratie » n’a rien à voir avec l’élection de représentants ? Dans le cas inverse, si nous acceptons la définition standard et si nous commençons à désigner la démocratie directe sous un autre terme, comment pourrions-nous dire que nous sommes contre la démocratie – un terme connoté universellement d’une façon si positive ?
par Claudio Albertani (traduit de l'Italien par Nicole Thé).
Une société finit par devenir totalitaire, écrivait George Orwell il y a plus d'un demi-siècle, quand ses structures deviennent manifestement artificielles, autrement dit quand la classe dominante ne se maintient plus que par la force et la tromperie. Pareille société ne peut se permettre d'être tolérante et ne peut autoriser de compte rendu véridique de ce qui se passe. Aujourd'hui que le Grand Frère est partout au gouvernement, il est plus difficile de contrer ses mensonges que du temps d'Orwell.
On l'a bien vu à l'occasion des manifestations contre le sommet des puissants qui s'est tenu à Gênes fin juillet. Dans le souci de rétablir la vérité, il nous a paru utile d'essayer de rassembler les fragments de ce compte rendu, afin qu'ils servent d'outils à la libre disposition de tous ceux qui veulent en faire usage. Au cours de ces journées, un nombre impressionnant – cent mille peut-être – de micros, appareils photo, caméras et vidéos étaient à l'œuvre, ce qui d'un côté a attisé la curiosité malveillante des pouvoirs publics, de l'autre a facilité le travail de mémoire et de réflexion critique. En outre, grâce à la création de Radio Gap et de son site Internet (www.radiogap.net/it), l'information a pu circuler en temps réel et être captée dans tous les coins de la planète, dans plusieurs langues. Nous nous sommes donc servis de ces matériaux, ainsi que des témoignages de ceux qui se sont eux-mêmes rendus à Gênes.
A une époque qui semble avoir perdu toute certitude, il est très difficile de prévoir quelle pourra être l'évolution de ce mouvement, mais il est certain que pendant longtemps nous ne pourrons emprunter la voie accidentée qui mène à la libération de l'homme sans repenser aux journées de Gênes.
Vidéo et audio
Anna Kruzynski (CRAC) et Jaggi Singh discutent de l'anarchisme contemporain (en première partie de l'émission, 35e minute).
CKUT, Émission « Les lendemains de veille », 10 mai 2007. Louis-Frédéric Gaudet sur le salon du livre anarchiste en première partie et Marco Silvestro sur le livre qui porte une critique de la consommation responsable.
Autres productions
par Marco Silvestro, octobre 2003
Un diaporama de manifestations, actions directes, occupations et autres actions collectives contemporaines.